Note :

Le « JOURNAL, 1955-1962 » de Mouloud Feraoun est un témoignage obsédant de la guerre d'indépendance algérienne, détaillant la brutalité et le bilan psychologique du conflit à travers des réflexions personnelles. Bien qu'il fournisse des informations cruciales sur l'expérience humaine en temps de guerre, il s'agit d'une lecture à la fois stimulante et profondément déprimante.
Avantages:Le livre est considéré comme un document de référence sur la guerre d'Algérie, offrant des perspectives essentielles sur les impacts psychologiques de la violence coloniale. Les observations articulées de Feraoun sont à la fois émouvantes et révélatrices des impacts de la guerre sur les individus. Il offre également une vision nuancée du conflit, abordant les complexités du sentiment anticolonial et le coût de la violence.
Inconvénients:Le contenu peut être excessivement déprimant et dérangeant en raison des descriptions graphiques de la torture et de la souffrance. Le style d'écriture est parfois difficile à suivre, avec des éléments impressionnistes et des références à diverses organisations qui peuvent dérouter les lecteurs.
(basé sur 3 avis de lecteurs)
Journal, 1955-1962: Reflections on the French-Algerian War
« Cet honnête homme, cet homme bon, cet homme qui n'a jamais fait de mal à personne, qui a consacré sa vie au bien public, et qui a été l'un des plus grands écrivains d'Algérie, a été assassiné.... Pas par accident, pas par erreur, mais appelé par son nom et tué de préférence ». C'est ce qu'écrivait Germaine Tillion dans Le Monde peu après l'assassinat de Mouloud Feraoun par un groupe terroriste français de droite, l'Organisation Arm e Secr te, trois jours seulement avant le cessez-le-feu officiel qui a mis fin à huit années de lutte pour l'indépendance de l'Algérie vis-à-vis de la France.
Cependant, même les tireurs de l'OAS n'ont pas pu empêcher la publication du journal de Feraoun. Journal, 1955-1962 est paru à titre posthume en français en 1962 et reste le récit le plus important de la vie quotidienne en Algérie pendant la décolonisation.
Feraoun était l'un des principaux écrivains algériens. Il était l'ami d'Albert Camus, d'Emmanuel Robl s, de Pierre Bourdieu et d'autres intellectuels français et nord-africains. Enseignant engagé, il a consacré sa vie à préparer la jeunesse algérienne à un avenir meilleur. En tant qu'écrivain musulman et kabyle, ses réflexions sur la guerre d'Algérie donnent un aperçu pénétrant des nuances du nationalisme algérien, ainsi que des aspects complexes de l'identité intellectuelle, coloniale et nationale. Le Journal de Feraoun restitue le déchirement d'un écrivain profondément conscient de l'agitation sociale et politique de l'époque. Ce récit classique, désormais disponible en anglais, devrait être lu par tous ceux qui s'intéressent à l'histoire du colonialisme européen et aux tragédies de l'Algérie contemporaine.