Report to Alpha Centauri
John Barnie s'impose d'emblée, avertissant, dans le poème Au lecteur, que l'on peut avoir envie de s'éloigner, car ces poèmes sont là, avec le vent glacial / et l'absence de marteaux jaunes, de perceuses et de boulets de démolition,... Mais quiconque a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre devrait certainement rester, non pas pour être réconforté, mais pour faire face aux questions difficiles, à l'honnêteté sans faille et à la colère ardente face à l'orgueil démesuré qui détruit tant de vies ; des vies qui, même dans ce que Conrad appelle un univers sans âme, ont encore de l'importance.
Barnie nous appelle à regarder, sachant que, comme tous les prophètes, il est... l'étranger, celui / qui marche dans la mauvaise direction. (« Lock-step ») Sérieux et parfois teinté de désespoir face à la course perverse de l'humanité vers l'autodestruction, capturé dans une imagerie saisissante qui persiste, il y a aussi un esprit large et intelligent qui se déverse dans des commentaires ironiques et un humour mélancolique.
Comme le père de Kierkegaards qui serre le poing contre l'univers, Barnie élève sa voix contre les insanités que nous prenons trop facilement pour acquises, refusant de s'incliner devant les dieux du consumérisme. Au fond, A Report to Alpha Centauri est un éloge funèbre, écrit par la voix déchirante d'un visiteur d'Alpha Centauri, 10 millions d'années après le départ des derniers humains, un monde d'ombres, un monde - je sais que cela semble étrange, même si je l'écris - de fantômes.
(« A Report to Alpha Centauri »). Acérée, urgente et finalement humaine, cette poésie n'est pas de celles dont on peut se détourner.
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Dernière modification: 2024.11.14 07:32 (GMT)