Note :

Le livre de Steven A. Long explore le débat entre la nature et la grâce au sein de la théologie catholique, soutenant l'existence d'une fin naturelle pour l'homme, distincte de la fin surnaturelle de la vision béatifique. Alors que les premiers chapitres offrent un aperçu précieux de la pensée thomiste et des critiques d'Henri de Lubac et de Hans Urs von Balthasar, les derniers chapitres sont plus difficiles sur le plan académique.
Avantages:Le livre offre des perspectives profondes sur le débat nature/grâce, en s'engageant fortement dans la philosophie thomiste. Il est bien structuré et offre une perspective nouvelle en s'engageant de manière critique et sans animosité avec des théologiens influents tels que de Lubac et Balthasar. Les deux premiers chapitres sont particulièrement accessibles et instructifs. Les arguments de Long sont fondés sur un cadre métaphysique solide et il apporte une contribution précieuse à la compréhension des implications de la nature et de la grâce pour la théologie.
Inconvénients:Les derniers chapitres (3 et 4) sont considérés comme difficiles à comprendre, probablement en raison de leur orientation académique qui s'adresse à des lecteurs déjà familiarisés avec des questions philosophiques complexes. Certains lecteurs pourraient trouver l'accent mis sur le langage et la pensée thomiste difficile à comprendre s'ils n'ont pas de connaissances préalables sur le sujet.
(basé sur 3 avis de lecteurs)
Natura Pura: On the Recovery of Nature in the Doctrine of Grace
De la théologie spéculative à l'exégèse de l'Aquinate, en passant par la philosophie nord-américaine contemporaine, la pensée sociale et éthique catholique et la pensée de Benoît XVI, cet ouvrage défend l'importance cruciale de la fin naturelle proportionnée dans le contexte de la grâce et de la béatitude surnaturelle. Long soutient que, dans son effort pour éviter le naturalisme, Henri de Lubac a involontairement consommé la perte de la nature en tant que principe normatif au sein de la théologie, tant sur le plan doctrinal qu'exégétique par rapport à l'enseignement de l'Aquinate.
L'auteur soutient qu'il s'agit là d'une erreur compréhensible mais grave. Le point de vue de De Lubac a été adopté et étendu par Hans Urs von Balthasar dans La théologie de Karl Barth, où Balthasar soutient que l'Aquinate ne pouvait même pas considérer la nature pure parce qu'il lui était impossible de faire la distinction conceptuelle impliquée par ce problème, un point de vue contredit par le texte de l'Aquinate. Long soutient que dans la Théologie de Karl Barth, le récit de Balthasar évacue la nature de sa densité ontologique spécifique et la traite comme une simple création en tant que telle, une sorte de point sans dimension terminant la ligne de la grâce.
Étant donné la perte de la natura dans la méthode théologique, sa récupération nécessite des instruments philosophiques. Dans son troisième chapitre, ce livre soutient qu'en raison de son absence de philosophie unifiée de la nature ou de métaphysique, la pensée analytique si répandue dans les cercles anglophones n'est qu'une métaphilosophie partielle et ne peut donc pas remplacer le rôle du thomisme classique au sein de la théologie.
Le quatrième chapitre s'oppose à ceux qui considèrent que l'affirmation d'une fin naturelle proportionnée équivaut à un pélagianisme social ou à un minimalisme sur la place publique, en s'appuyant sur les travaux de Jacques Maritain, Jean Porter et David Schindler, Sr. Dans une annexe, l'auteur examine les débuts de la pensée du cardinal Ratzinger / pape Benoît XVI, et son évolution jusqu'à la conférence de Ratisbonne.