
Memorials in Berlin and Buenos Aires: Balancing Memory, Architecture, and Tourism
Le Mémorial aux Juifs assassinés à Berlin, inauguré en 2005, et le Monument aux victimes du terrorisme d'État dans le Parc de la mémoire (Parque de la Memoria) à Buenos Aires, partiellement inauguré en 2007, ont été controversés du début à la fin. Si ces sites diffèrent à bien des égards, l'Allemagne et l'Argentine ont en commun l'histoire de régimes dictatoriaux qui ont assassiné des civils à grande échelle.
Les nazis ont mis en œuvre le génocide de millions de Juifs et d'autres minorités pendant la Seconde Guerre mondiale. En Argentine, la répression étatique menée par la junte a été responsable de la "disparition" puis du meurtre de milliers de civils entre 1976 et 1983. Des décennies plus tard, les nouveaux gouvernements allemand et argentin ont reconnu la responsabilité de leurs États respectifs dans ces meurtres de masse en érigeant pour la première fois un monument national à la mémoire des victimes dans la capitale.
Cette étude de deux monuments commémoratifs développe un modèle et une méthode d'analyse de la commémoration de tragédies récentes qui partagent plusieurs caractéristiques fondamentales : l'État crée un monument commémoratif national qui s'identifie lui-même aux victimes de meurtres de masse commandités par l'État en l'absence de leurs corps. Analysés comme des sites de représentations conflictuelles et comme des représentations elles-mêmes, ces mémoriaux mettent en lumière la manière dont les gens s'y engagent et comment une architecture de l'absence déclenche une mémoire incarnée par le biais de l'expérience somatique.
Si le tourisme de la mort et l'architourisme contribuent à leur succès en attirant des visiteurs, ils menacent également leur rôle commémoratif. En plus d'évaluer le succès et l'échec de ces mémoriaux, Sion explore les façons dont ces sites sont paradigmatiques et offre un modèle d'analyse d'un circuit transnational de pratiques commémoratives.