
The Democratic Aspects of Trade Union Recognition
La longue ascension du pluralisme et du "laissez-faire collectif" en tant qu'idéologie directrice du droit du travail britannique a été catégoriquement brisée par l'idéologie de la nouvelle droite de Thatcher et Major. Lorsque le New Labour est finalement revenu au pouvoir en 1997, il n'a toutefois pas tenté de ressusciter la préférence d'avant Thatcher pour la non-intervention pluraliste dans les relations collectives du travail.
Au lieu de cela, il a prétendu suivre une "troisième voie". La pièce maîtresse de cette nouvelle approche était la disposition relative à la reconnaissance statutaire, introduite dans l'annexe A1 de la TULRCA 1992. En rompant avec la tradition du volontariat en matière de reconnaissance des syndicats, le New Labour britannique a cherché à proposer un modèle de droit du travail collectif combinant le soutien juridique et le contrôle par le biais de la juridification.
Une étude plus approfondie de l'histoire des approches de la reconnaissance et des dispositions actuelles soulève des questions fondamentales quant à la nature de ce nouveau modèle et de ceux qu'il visait à remplacer.
Ce livre utilise la philosophie politique pour élucider le caractère de ces approches historiques et la nature de la "troisième voie" elle-même en ce qui concerne la reconnaissance statutaire des syndicats. Il retrace notamment l'éclipse progressive des valeurs républicaines civiques dans le droit du travail, au profit d'une philosophie politique libérale.
Le livre articule et défend une philosophie républicaine civique en termes de liberté en tant que non-domination, de valeur intrinsèque de la participation démocratique par le biais de la démocratie délibérative et de la communauté. Cette philosophie peut être opposée à l'individualisme fondé sur les droits et à la neutralité de l'État qui caractérisent l'approche libérale. Malgré la promesse d'une communauté civique dans la rhétorique de la "troisième voie", l'ouvrage démontre que la réalité de l'expérience du New Labour en matière de reconnaissance syndicale a été une réaffirmation catégorique du libéralisme dans la sphère des droits collectifs des travailleurs.
Il s'agit de la première monographie à offrir une analyse critique soutenue des approches juridiques de la reconnaissance syndicale. Elle intéressera particulièrement les juristes du travail, mais aussi un public plus large de spécialistes de la philosophie politique et des relations industrielles. Le prix Birks 2010 de la Society of Legal Scholars, qui récompense des travaux juridiques exceptionnels, a décerné à cet ouvrage le premier prix.