
The Invading Body: Reading Illness Autobiographies
La relation entre la subjectivité et le corps est largement débattue dans les théories féministes, poststructuralistes et littéraires. Pourtant, la critique autobiographique - un lieu évident pour tester cette relation conceptuelle - a pris du retard par rapport aux interrogations contemporaines sur le soi incarné. Dans The Invading Body, Einat Avrahami corrige cette lacune en analysant le genre des autobiographies sur les maladies en phase terminale. Ces récits personnels remettent en question le monde de l'écriture de soi en remettant en cause l'hypothèse selon laquelle l'autobiographie - et le corps - sont des produits de constructions culturelles et de pratiques discursives. Leurs révélations sur les symptômes, les handicaps et les douleurs physiques et psychologiques du traitement, en particulier lorsqu'elles sont associées à des pensées de détérioration et de mort imminente, défient les formulations théoriques de l'identité et modifient la définition même de l'autobiographie.
Avrahami étudie un ensemble de témoignages autobiographiques de maladies terminales, allant du récit poignant d'Harold Brodkey sur sa lutte contre le sida aux autoportraits saisissants d'Hannah Wilke et de Jo Spence sur le cancer. En remettant en question le scepticisme artificiel et artificiel que les critiques et les théoriciens apportent à leurs concepts du moi, l'auteur soutient que ces récits de maladie constituent une "invasion du réel", confrontant les notions d'autoreprésentation et d'invention de soi sur lesquelles se fondent les études autobiographiques actuelles.
L'examen par l'auteur de ces mémoires et photographies émouvantes intéressera non seulement le domaine en plein essor des études sur le handicap, mais aussi un lectorat plus général qui s'intéresse à la transition qui se produit lorsque le corps d'une personne est soudainement en décalage avec son esprit.