
Gregorio Ballabene's Forty-Eight-Part Mass for Twelve Choirs (1772)
Ni Spem in alium, le "songe of fortie partes" largement acclamé de Thomas Tallis, ni la messe à quarante voix d'Alessandro Striggio ne sont les plus grandes œuvres de contrepoint de la musique occidentale. Le véritable vainqueur est Gregorio Ballabene, un maestro di cappella romain relativement peu connu, contemporain de Giovanni Paisiello, Joseph Haydn et Luigi Boccherini, qui a composé en quarante-huit parties pour douze chœurs.
Sa messe n'a connu qu'une répétition publique et n'a jamais été jouée liturgiquement malgré tous les efforts de Ballabene pour la promouvoir. À y regarder de plus près, l'œuvre mérite cependant une considération particulière en tant que pièce d'une créativité combinatoire exceptionnelle - le produit d'un talent capable de concevoir, de structurer et de réaliser un projet aux dimensions colossales. On pourrait même affirmer que si Charles Burney en avait eu connaissance, tous les commentaires désobligeants des historiens de la musique du XIXe siècle n'auraient pas réussi à éteindre l'intérêt des générations suivantes.
La Messe de Ballabene est restée totalement inexplorée jusqu'à aujourd'hui, bien que la partition soit conservée dans d'importantes collections. Cette étude offre, pour la première fois, une perspective historique et analytique sur cette manifestation méconnue d'une intelligence musicale très particulière.