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The Order of Forms: Realism, Formalism, and Social Space
Dans les études littéraires d'aujourd'hui, les débats sur l'objectif de la critique littéraire et sur la place du formalisme au sein de celle-ci continuent d'agiter les époques et les approches.
Anna Kornbluh contribue à cette conversation - et la modifie substantiellement - dans The Order of Forms en proposant une nouvelle catégorie passionnante, le formalisme politique, qu'elle articule autour de la coémergence des formalismes esthétique et mathématique au XIXe siècle. Dans ce cadre, la critique peut être comprise comme plus affirmative et constructive, articulant des engagements en faveur de l'expression esthétique et de la collectivité sociale.
Kornbluh présente un argument puissant selon lequel le formalisme politique, en valorisant des formes de sociabilité telles que la ville et l'État en elles-mêmes, permet de mieux comprendre la forme littéraire et ses possibilités politiques que les approches qui considèrent la forme comme une contrainte. Pour défendre cet argument, elle prend le cas du réalisme littéraire et montre comment les romans de Dickens, Bront, Hardy et Carroll font appel au formalisme mathématique dans le cadre de leur imagination politique. Le réalisme, montre-t-elle, est mieux compris comme un exercice de modélisation sociale - plus proche des mathématiques formalistes que de la documentation sociale.
En modélisant la société, le roman réaliste se concentre sur ce qu'il considère comme les caractéristiques les plus élémentaires des relations sociales et génère des idées politiques uniques. Proposant à la fois cette nouvelle théorie du réalisme et l'idée d'un formalisme politique, ce livre inspiré et révélateur aura des implications considérables dans les études littéraires.